09/06/2009

Publication Voix du Nord

Un fabuleux voyage en Équateur, à la rencontre du peuple Yamanunka

 Cet été, Alicia et Andrea vont peaufiner leur projet. :  La Voix du Nord

Cet été, Alicia et Andrea vont peaufiner leur projet. : La Voix du Nord

Andrea et Alicia se sont rencontrées sur les bancs de Lille III, à Villeneuve-d'Ascq, où elles venaient de s'inscrire en master d'économie et gestion de l'environnement et de développement durable, en première année. Toutes deux désiraient ardemment s'impliquer dans des projets de développement alternatif et de protection de l'environnement. Elles créaient bientôt l'association Oazo, un mot qui puise sa légèreté poétique dans le langage esperanto et dont la traduction - « oasis » - est tout aussi belle...

PAR BRUNO DERAM, tourcoing@lavoixdunord.fr

La création d'un recueil de mythes et de légendes avec des enfants du peuple amérindien des Shuars : c'est le tout premier projet des créatrices d'Oazo, Andrea Etemadipour, l'Équatorienne, 23 ans, et Alicia Bachelet, la Française, 22 ans. En territoire équatorien, au sud-est du pays, il y a 40 000 Shuars dont certains habitent dans les profondeurs de la forêt, tandis que d'autres ont été déplacés de leur terre d'origine, en raison d'un processus de colonisation soutenu par l'État. La communauté Yamanunka, ce qui signifie « Terre nouvelle », figure au nombre de ces déracinés. Elle regroupe environ cent soixante personnes, pour la plupart des femmes et des enfants en situation économique et alimentaire précaire. Les hommes sont partis à la ville pour travailler ou mendier. « À travers la création d'un recueil de contes reprenant les mythes des Shuars et la mise en place de projets d'éducation interculturelle au sein de la communauté, notre objectif est d'éviter que la culture de ce peuple ne disparaisse, submergée dans le raz-de-marée de la modernité », expliquent Andrea et Alicia dans un document présentant leur démarche.

Durant ce mois d'août, trois personnes de l'association, dont Andrea, vont établir les premiers contacts avec la communauté Yamanunka. Alicia, elle, se rendra en Équateur l'an prochain. « Le livre de mythes et légendes sera créé avec les enfants shuars, pour des enfants », explique Andrea, venue en France il y a cinq ans, pour ses études. « Notre but est de vendre ce livre ici et en Équateur. Cela devra nous permettre de payer la formation d'un instituteur au sein de la communauté, qui puisse enseigner en espagnol et en shuar. » Là-bas, une enseignante de l'association Despertar (« Réveiller ») participera également au projet Oazo.

À Tourcoing, Andrea, Alicia et leurs amis d'Oazo ont pu s'appuyer sur la Maison des associations. De plus, un prix du Forum projets du BIJ, d'une valeur de 800 E, est venu récompenser leurs efforts, dans la catégorie « solidarité internationale ». La belle aventure d'Oazo et de Yamanunka ne fait que commencer. Et elle devrait se poursuivre avec la création d'une coopérative pour que la communauté shuar puisse valoriser et vendre ses objets d'artisanat... •

> www.oazo.blogspot.com

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